Nouveauté 2007 : un blog-pêle-mêle...

Le principe du blog: un texte, une illustration, un lien (sur le titre)... le rapport entre les trois existe toujours, même s'il peut ne pas être évident à l'oeil nu. Pour ce qui est des illustrations, si vous n'êtes pas sur un mac, vous allez les voir d'un coup d'oeil, réunies dans ce pêle-mêle, émergeant tour à tour de manière aléatoire. Chacune d'elles va avec un article. Si vous voulez en savoir plus, descendez la page ou utilisez les liens d'archivage situés à droite.

2007/10/09

Egoïste


EGOÏSME (terme de philosphie): On appelle égoïste l'homme qui croit que lui seul existe au monde, le reste n'étant que songe.

A la grande honte de l'esprit humain, il y eut à Paris, au début de ce siècle, un homme qui associa son nom à cette absurdité, un certain Gaspard Languenhaert, originaire de la république de Hollande. Il était si beau, dit-on, et si bien tourné, que les femmes seules eussent suffi à assurer son succès à Paris, mais la philosophie était sa vraie maîtresse et il voulut s'illustrer par une doctrine. Teinté de philosphie anglaise, assez pour saisir les problèmes, trop peu pour les résoudre, il partait de quelques remarques acceptables, dont il tirait des conséquences invraisemblables. Ainsi, disait-il, soit que je m'élève jusque dans les nues, soit que je descende dans les abîmes, je ne sors point de moi-même, et ce n'est jamais que ma propre pensée que j'aperçois. Donc, le monde n'existe pas en soi, mais en moi. Donc la vie n'est que mon rêve. Donc, je suis à moi seul toute la réalité...


Après le bibliothécaire d'Arcimboldo, l'étrange aventure d'un rat de bibliothèque...
Eric-Emmanuel Schmitt, La secte des égoïstes, éditions Albin Michel, 1994. Publié en livre de poche.
Formidable petit livre, bref, à déguster tranquillement...
Je n'avais jusqu'à présent pas lu E.E.Schmitt, m'étant contentée de l'applaudir au théâtre dans Le libertin et L'Evangile selon Pilate (pièce remarquable). Je suis heureuse d'avoir sauté le pas. L'auteur traite la question du rapport à la réalité d'une manière inédite et séduisante, en poussant son héros dans ses derniers retranchements. Je suppose que le rapprochement que je fais, entre la fin du roman et la toute-puissance adolescente, m'est personnel mais quoi qu'il en soit, le roman a certainement plusieurs entrées et plusieurs dimensions. C'est ce qui fait sa force: il n'y a d'oeuvre que lorsqu'il y a rencontre entre l'auteur et le lecteur...
Et bien sûr, rien n'empêche de voir là, encore une fois, une métaphore du travail de l'écrivain...

0 commentaires: